Snorkeling et plongée en Italie : le guide complet du littoral italien
L’Italie, avec son littoral méditerranéen extrêmement long et sa myriade d’îles, offre un terrain de jeu exceptionnel aux amateurs de plongée sous-marine et de snorkeling. Des eaux chaudes et claires baignent ses côtes variées – des falaises liguriennes aux criques sauvages de Sardaigne – et abritent une riche biodiversité marine. Ce guide narratif et informatif vous emmène à la découverte des meilleurs sites de snorkeling et de plongée en Italie, du continent aux îles comme la Sardaigne et la Sicile. Vous y trouverez des anecdotes historiques, des conseils pratiques et un tour d’horizon exhaustif des spots incontournables, pour explorer les fonds marins italiens en toute connaissance de cause. Enfilez palmes, masque et tuba, et plongez avec nous dans ce voyage sous-marin le long des côtes italiennes !
La mer Ligure : berceau de la plongée italienne (côte nord-ouest)
Sur la côte ligurienne, entre la frontière française et la Toscane, s’étend la mer Ligure aux eaux bleues profondes. C’est ici, près de Gênes, que se trouve Portofino – le berceau de la plongée italienne. En 1954, la baie de San Fruttuoso (Camogli) a vu l’immersion de la célèbre statue du Christ des Abysses, une statue de bronze de 2,5 m de haut placée à 17 m de profondeur en hommage aux disparus en mer. Aujourd’hui, plonger aux côtés de ce Christ sous-marin, les bras ouverts vers la surface, est une expérience émouvante et incontournable pour les plongeurs visitant la région. Chaque année, une cérémonie commémorative s’y déroule fin août, où des plongeurs déposent une couronne de laurier aux pieds de la statue, symbole de mémoire pour toutes les victimes de la mer.
Au-delà de cette anecdote historique, le Parc marin de Portofino regorge de sites pour plongeurs de tous niveaux. On y explore des tombants rocheux spectaculaires, tapissés de coraux et de gorgones, ainsi que des épaves fascinantes. Si vous êtes passionné d’épaves, ne manquez pas le navire de la Seconde Guerre mondiale Sainte-Lucie gisant au large des côtes romaines, dont l’hélice repose encore intacte dans le bleu profond. La faune y est riche : mérous, murènes, nudibranches et barracudas peuplent les récifs du Portofino Marine Park, faisant le bonheur des plongeurs et photographes sous-marins.
Les amateurs de snorkeling ne sont pas en reste le long de la Riviera ligure. Dans les eaux cristallines de la zone protégée de Portofino, il n’est pas rare d’apercevoir près de la surface des bancs de sars, de saupes argentées ou de petits mérous juvéniles. Plus au sud, l’aire marine protégée des Cinque Terre offre aux débutants un cadre magnifique pour palmer masque au visage : les criques rocheuses au pied des villages colorés abritent une myriade de poissons côtiers et d’algues multicolores. Attention toutefois, certaines zones peuvent être réglementées pour la protection de l’environnement (il arrive que la réserve marine des Cinque Terre soit temporairement fermée à la plongée pour conservation). En sortant de l’eau, on profite d’un paysage littoral unique mêlant vignes en terrasses et eaux turquoise – un vrai régal pour les yeux et un bel équilibre entre découverte terrestre et sous-marine.
Enfin, la mer Ligure fait partie du Sanctuaire Pelagos, une vaste zone protégée pour les mammifères marins en Méditerranée. Depuis la surface, il n’est pas impossible d’apercevoir au large un dauphin ou même une baleine de passage. Si l’observation de ces grands cétacés se fait plutôt en bateau qu’en snorkeling, leur présence témoigne de la richesse de cet écosystème marin septentrional. La Ligurie, berceau historique de la plongée en Italie, conjugue ainsi patrimoine culturel (avec le Christ des Abysses) et trésors naturels sous-marins, pour le plus grand bonheur des plongeurs confirmés comme des familles en quête de leur première expérience de snorkeling.
La Toscane et l’archipel toscan : entre épaves et récifs préservés
En longeant la côte vers le sud, on arrive en Toscane, dont le littoral tyrrhénien s’ouvre sur l’archipel toscan. Cet archipel, parc national protégé, compte sept îles principales dont l’île d’Elbe, Capraia, Giglio, Giannutri ou Pianosa, et offre une exceptionnelle diversité de sites sous-marins. Elbe, la plus grande île, est un paradis pour les amateurs de plongée et de snorkeling. Elle fut d’ailleurs le lieu de prédilection du célèbre apnéiste français Jacques Mayol – l’“homme-dauphin” rendu célèbre par Le Grand Bleu – qui y vécut de nombreuses années et y réalisa en 1983 une plongée record à –105 m en apnée. Les eaux claires d’Elbe abritent une faune méditerranéenne foisonnante, et ses côtes alternent plages de sable et criques rocheuses idéales pour la randonnée palmée en famille.
Parmi les spots emblématiques d’Elbe, ne manquez pas l’épave du relitto di Pomonte. Ce petit cargo coulé près du rocher de l’Ogliera, au large de Pomonte (côte ouest d’Elbe), repose par seulement 10 à 12 m de fond. Accessible en snorkeling, cette épave recouverte de posidonies et d’éponges est devenue le refuge de nombreuses espèces : castagnoles noires, labres multicolores et murènes y ont élu domicile. Nager au-dessus de l’épave parfaitement visible par eau claire procure des sensations uniques, entre émerveillement et petite montée d’adrénaline à la vue de ce navire fantomatique figé sous la surface. Les plongeurs équipés de bouteilles pourront, eux, pénétrer les coursives inondées en toute sécurité (c’est une immersion réputée facile et très photogénique).
Plus au sud, l’île de Giannutri est un autre joyau sous-marin de la Toscane. Ses eaux translucides abritent des coraux rouges et de grandes gorgones jaunes. Giannutri est également connue pour ses vestiges romains immergés : on y a retrouvé des restes de quais et d’amphores, témoignages d’un port antique englouti. Non loin de là, l’île de Giglio offre aux plongeurs confirmés la possibilité d’explorer l’épave du Haven – un immense pétrolier coulé plus au nord, considéré comme l’une des plus grandes épaves de Méditerranée – ou encore des grottes sous-marines peuplées de langoustes et de mérous. Les snorkelers, quant à eux, apprécieront Giglio pour ses anses abritées comme Caldane ou Campese, où les bancs de petits poissons colorés évoluent tout près de la surface.
L’archipel compte aussi Pianosa, une île longtemps interdite d’accès (ancienne colonie pénitentiaire) qui a conservé des fonds marins vierges. Aujourd’hui ouverte au tourisme contrôlé, Pianosa se découvre avec un guide : la plongée et le snorkeling y sont très réglementés, mais récompensent les visiteurs par des rencontres étonnantes (mérous géants peu farouches, nuées de barracudas juvéniles, champs de posidonies intactes). À noter qu’en Toscane continentale, le littoral autour de Livourne et de la presqu’île de Monte Argentario propose aussi quelques sites intéressants – épaves côtières, secs rocheux colonisés par des nudibranches – mais globalement, ce sont bien les îles du parc national de l’Archipel toscan qui offrent les expériences sous-marines les plus mémorables. Entre épaves, récifs et réserves marines, la Toscane comblera aussi bien le plongeur chevronné en quête d’aventure que le débutant désireux d’explorer tranquillement les fonds depuis la surface.
Le Latium et les îles Pontines : récifs volcaniques et eaux cristallines
En poursuivant notre périple vers le sud, nous voici sur la côte du Latium, autour de Rome. Si la capitale italienne n’évoque pas spontanément la plongée, ses environs maritimes réservent de belles surprises. Au large du littoral laziale émergent les îles Pontines, un petit archipel volcanique entre Rome et Naples qui comprend notamment Ponza, Ventotene, Palmarola et Zannone. Moins connues que Capri ou les îles toscanes, les Pontines offrent pourtant des sites préservés, prisés des initiés. Ponza, la plus grande, séduit par ses falaises de tuf blanc plongeant dans une eau azur. En snorkeling autour de Ponza, on explore des criques secrètes accessibles seulement par bateau, comme Chiaia di Luna ou les Piscines Naturelles : on y nage au milieu de nuées de girelles multicolores, de demoiselles (castagnoles) et de saupes dorées. Les grottes marines de Ponza – telle la Grotta di Pilato, un ensemble de cavernes artificielles romaines – ajoutent une touche d’histoire insolite à vos explorations subaquatiques.
Ventotene, plus petite et plus éloignée du continent, est classée réserve marine avec sa voisine Santo Stefano. Ce duo d’îlots isolés abrite des fonds marins exceptionnellement bien conservés, où la pêche est strictement limitée. Les plongées autour de Ventotene régalent les yeux : tombants tapissés de gorgones rouges, passages voûtés entre les rochers habités par des corbs et des murènes, sans oublier quelques épaves. L’une des plongées réputées consiste à visiter l’épave d’un navire de guerre romain avec son lot d’amphores brisées, ou encore l’avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale reposant par 50 m de fond sur un sable immaculé (plongée réservée aux confirmés). Mais même en simple snorkeling près du rivage, Ventotene permet d’admirer une vie marine foisonnante pour qui sait ouvrir l’œil : poulpes chassant dans les anfractuosités, étoiles de mer rouges accrochées aux rochers volcaniques, et parfois la silhouette fuyante d’une raie pastenague se dissimulant dans le sable.
Le littoral du Latium, quant à lui, comporte moins de relief sous-marin que ces îles volcaniques, mais offre néanmoins quelques sites intéressants pour la plongée. Non loin de Rome, le long des côtes de l’Agro Pontino, se trouve l’aire marine protégée des Secche di Tor Paterno – un haut-fond rocheux situé à environ 5 km au large d’Ostia. Accessible uniquement en bateau avec un centre de plongée local, ce site est une oasis de vie au milieu d’une plaine sableuse : on y observe de grands mérous, des bancs de barracudas, des dentis et même occasionnellement des hippocampes parmi les posidonies. Plus au sud, vers Gaète et Sperlonga, la transparence de l’eau ravit les snorkelers en été, et quelques cavités sous-marines se visitent en plongée (comme la Grotta Azzurra de Sperlonga, une grotte semi-immergée célèbre depuis l’Antiquité).
Entre les eaux claires des îles Pontines et les spots côtiers confidentiels du Latium, la région offre un bel équilibre pour les vacanciers. Que vous soyez débutant ou plongeur confirmé, vous y trouverez votre bonheur : explorer en palmes-tuba les criques turquoise de Ponza ou partir avec un club romain sur une épave au large. Et après l’effort, rien de tel que de déguster un plat de spaghetti alle vongole face au port de Ponza ou de Ventotene, en repensant aux merveilles sous-marines aperçues dans la journée !
La Campanie (golfe de Naples, côte Amalfitaine et Cilento) : grottes, épaves et cités englouties
En descendant encore la botte italienne, la Campanie dévoile un littoral d’une richesse incroyable, tant pour les paysages terrestres que sous-marins. Le golfe de Naples est dominé par le Vésuve et ponctué d’îles mythiques – Capri, Ischia, Procida – formant autant de repères pour les plongeurs. Non loin de Sorrente, la pointe de la péninsule sorrentine est classée en aire marine protégée (Punta Campanella), englobant Capri et la baie d’Ieranto. Cette zone protégée offre des immersions variées : secs rocheux couverts de gorgones, tunnels et grottes sous-marines – dont la Grotta dello Smeraldo près d’Amalfi, célèbre pour ses reflets émeraude – et une faune riche grâce aux courants du détroit. Sorrente, quant à elle, est réputée pour ses tombants sous-marins impressionnants qui reflètent la topographie terrestre faite de falaises calcaires abruptes. Plonger le long de ces parois verticales, c’est comme voler au-dessus d’un mur couvert de spirographes, d’anémones jaunes et de corail rouge, avec le bleu profond à perte de vue sous vos palmes. Des grottes et cavernes, parfois tapissées de spongiaires orange, s’ouvrent dans ces tombants, attendant les explorateurs munis de lampes.
Le golfe de Naples abrite aussi un trésor unique au monde : le Parc archéologique sous-marin de Baia, près de Pozzuoli. Ici, c’est l’Histoire romaine qui se visite en plongée ou en snorkeling ! En raison d’un phénomène volcanique (bradyséisme) ayant fait s’effondrer le littoral antique, les vestiges de la station balnéaire romaine de Baiae se trouvent aujourd’hui sous 5 à 7 m d’eau. Munis d’un masque, vous pourrez nager au-dessus des ruines englouties : mosaïques noires et blanches parfaitement conservées d’une villa romaine (Villa a Protiro), statues immergées d’un nymphée impérial (Ninfeo di Claude) – copies fidèles, les originaux étant au musée – routes pavées menant à des thermes submergés… Le tout colonisé par des algues ondoyantes et des poissons de roche, mêlant nature et culture de façon saisissante. Le site de Secca delle Fumose, lui, permet d’observer sous l’eau des bulles de gaz volcanique s’échappant du sable, comme dans un jacuzzi naturel, rappelant que Naples repose sur une caldeira toujours active. Que l’on soit plongeur ou simple nageur équipé d’un tuba, Baia offre une plongée dans le temps inoubliable, littéralement. (À noter que l’accès est réglementé : les visites se font avec des centres agréés, en groupe restreint, pour protéger ce patrimoine fragile.)
Autour de Capri, connue pour sa célèbre Grotta Azzurra (que l’on visite en barque, la baignade y étant interdite), les eaux bleu cobalt recèlent de belles surprises pour les plongeurs. Citons l’épave du Statue Christ (copie d’un Christ sous-marin immergé en 1974 près de la pointe Carena), ou les tunnels de Grotta di Matermania. Les snorkelers apprécieront davantage Procida, petite île colorée moins fréquentée : ses eaux peu profondes autour de la plage de Chiaiolella permettent d’observer facilement castagnoles, girelles et étoiles de mer sur fond de prairie sous-marine. Quant à Ischia, l’île volcanique voisine, elle offre une expérience insolite : près du château Aragonais, à Cartaromana, on peut faire du snorkeling au-dessus de sources sous-marines de gaz thermal. À moins d’un mètre de profondeur, des bulles de CO₂ s’échappent du sable, créant un véritable champ bouillonnant sous vos yeux – un phénomène volcanique que l’on explore en palmes-masque-tuba, bien au chaud dans une eau souvent à plus de 30 °C à cet endroit !
En continuant vers le sud de la Campanie, le parc national du Cilento et la côte amalfitaine offrent également de superbes sites. La baie de Ieranto, au bout de la péninsule de Sorrente, se mérite par une petite randonnée et est interdite aux bateaux à moteur : c’est un havre de paix où pratiquer le snorkeling au milieu des saupes et des éponges encroûtantes. Plus loin, la région de Palinuro est renommée pour ses grottes marines spectaculaires. La Grotta Azzurra di Capo Palinuro enchante les plongeurs avec ses jeux de lumière bleu électrique, tandis que la Grotta del Sangue (grotte « rouge sang ») doit son nom aux reflets rougeâtres de ses parois tapissées d’algues. Les eaux du Cilento sont d’une transparence cristalline et abritent de nombreuses épaves – cargos et navires coulés pendant la guerre – reposant par 20 à 40 m de fond, désormais colonisés par les coraux et les poissons. Maratea, juste au-delà de la frontière en Basilicate, poursuit ce littoral de rêve : surnommée la « perle du Tyrrhénien », cette petite portion de côte offre grottes, arches sous-marines et une visibilité souvent excellente, de quoi ravir plongeurs et snorkelers à parts égales.
Entre l’effervescence de Naples et le calme sauvage du Cilento, la Campanie décline toutes les facettes de la plongée et du snorkeling. Grottes mystiques, épaves chargées d’histoire, réserves marines foisonnantes de vie : les familles débutantes y trouveront des eaux accueillantes, et les explorateurs chevronnés, des défis à leur mesure. Et après vos aventures sous-marines, n’oubliez pas de savourer une pizza napolitaine ou un limoncello de Capri… bien mérités !
La Calabre (Tyrrhénienne et Ionienne) : eaux limpides et récifs oubliés du sud
Tout au sud de la péninsule, la Calabre est une destination encore méconnue des amateurs de plongée, et pourtant ses deux façades maritimes – l’une sur la mer Tyrrhénienne à l’ouest, l’autre sur la mer Ionienne à l’est – cachent de véritables joyaux subaquatiques. Côté Tyrrhénien, la Calabre offre des panoramas côtiers époustouflants, avec des plages de sable blanc et des rochers granitiques plongeant dans des eaux d’un turquoise intense. Le Capo Vaticano, près de Tropea, illustre parfaitement ce décor de carte postale. Ses criques accessibles à la nage ou en bateau abritent une vie marine dense dans très peu de fond : en snorkeling, on peut y croiser des nuées de saupes aux reflets dorés, des éponges violettes accrochées aux parois, et parfois des raies pastenagues se dissimulant sur le sable. La visibilité sous l’eau est souvent excellente (15 à 30 m), faisant de Capo Vaticano un lieu idéal pour initier les plus jeunes aux joies du palmes-masque-tuba. Non loin de là, Tropea a même une plage surnommée la “Costa degli Dei” (côte des Dieux) – un surnom mérité tant la beauté du rivage et des fonds marins y est saisissante.
Au large de la Calabre tyrrhénienne, les plongeurs peuvent explorer quelques épaves intéressantes, comme celle du Torrione, un navire marchand coulé par 50 m de fond au large de Palmi, ou encore un avion bombardier de la Seconde Guerre mondiale gisant près de Scilla. Scilla, justement, mérite une mention : ce village pittoresque face au détroit de Messine est associé au mythe grec de Scylla (le monstre marin). Les eaux du détroit, très agitées par de forts courants, sont réservées aux plongeurs expérimentés ; on y observe un phénomène singulier appelé upwelling qui fait remonter des espèces des grandes profondeurs. Avec un guide, on peut y voir à certaines périodes des poissons-lune (Mola mola) ou des espèces pélagiques rares venues profiter des eaux riches du détroit – sensations fortes garanties, mais prudence de rigueur compte tenu des tourbillons (les fameux garofoli du détroit).
Côté mer Ionienne, la Calabre offre un littoral moins escarpé mais tout aussi intéressant. L’aire marine protégée de Capo Rizzuto, près de Crotone, s’étend sur plus de 13 000 hectares en mer, l’une des plus vastes d’Italie. Ses fonds relativement peu profonds (beaucoup de zones à 5-15 m) en font un paradis du snorkeling : on peut y admirer de grandes herbiers de posidonie regorgeant de vie. Les eaux, teintées de vert émeraude, laissent souvent apercevoir le sable par 10 m de profondeur tant elles sont claires. Sur le site de Capo Cimiti, des restes de colonies grecques antiques (amphores, ancres) parsèment le fond ; les poissons-perroquets de Méditerranée (symphodus) y picorent les algues sur les vestiges, un vrai musée sous-marin vivant. Plus au sud, vers Reggio di Calabria, la côte Ionienne recèle également des spots de plongée peu connus, comme Palizzi (où se trouvent les restes d’un avion de chasse immergé dans seulement 8 m d’eau) ou Capo Spartivento et ses grottes à langoustes.
La Calabre est sans doute la région côtière la plus sauvage et authentique du pays : peu de centres de plongée, très peu de tourisme de masse sous l’eau, et des rencontres sous-marines parfois extraordinaires. Les amateurs de biologie marine y trouveront des fonds vierges où observer des colonies de corail orange (Astroides calycularis) caractéristiques du sud de l’Italie, ou encore la petite étoile de mer « peigne » endémique. Les familles pourront profiter de plages idylliques et sécurisantes, tandis que les plongeurs expérimentés s’attaqueront aux courants du détroit de Messine ou partiront à la recherche d’épaves oubliées. En somme, la Calabre offre un visage marin différent, plus secret mais tout aussi enchanteur, de la plongée en Italie.
Les Pouilles et la mer Adriatique : grottes du Salento et paradis des snorkelers
Remontons maintenant le long de l’Adriatique pour explorer les Pouilles, le talon de la botte italienne, bordé à l’est par la mer Adriatique et au sud par la mer Ionienne. Cette région ensoleillée est réputée pour ses eaux transparentes et chaudes en été, attirant de nombreux vacanciers – et parmi eux, des snorkelers et plongeurs ravis.
Sur la côte adriatique des Pouilles, un des joyaux est l’archipel des îles Tremiti, au large du Gargano. Ce petit chapelet d’îles (San Domino, San Nicola, Capraia…) baigne dans une eau d’une clarté exceptionnelle, parfois comparée aux Caraïbes tant le bleu y est vif. Les Tremiti, protégées en réserve naturelle marine, sont un paradis sous-marin : en plongée, la visibilité dépasse souvent 30 m et révèle des fonds riches en vie. Citons par exemple la plongée de la Secca di Punta Secca à San Domino, où l’on évolue entre des canyons sous-marins couverts de gorgones rouges et peuplés de mérous curieux, ou l’exploration de l’épave du navire Lombardi colonisée par les coraux. En snorkeling le long des criques de San Domino, on découvre facilement des poulpes dans quelques mètres d’eau, des bancs de sardines scintillantes fuyant devant les prédateurs, ou même – avec un peu de chance – des grands dauphins venant jouer autour des rochers (les eaux des Tremiti en abritent une colonie habituée du lieu). Accessible par ferry depuis le Gargano, l’archipel vaut vraiment le détour pour les amoureux de la mer.
La côte adriatique des Pouilles, plus au sud vers Bari et Brindisi, est principalement rocheuse, découpée de grottes spectaculaires. Polignano a Mare, ville perchée sur des falaises crayeuses, est célèbre pour ses grottes marines qui s’enfoncent sous la vieille ville. On peut y faire du snorkeling le long des falaises et entrer dans de petites cavernes éclairées par la lumière turquoise filtrant sous les arches – un spectacle magique. L’eau y est profonde dès le bord, ce qui garantit une belle visibilité. Les amateurs de sensations pourront même pratiquer le coasteering ou le plongeon depuis les rochers avant de partir explorer à la palme. Un peu plus loin, les grottes de Santa Maria di Leuca (à la pointe sud du Salento, là où Adriatique et Ionienne se rencontrent) offrent aux plongeurs un festival de stalactites immergées et de jeux de lumière. La Grotta del Soffio, par exemple, se visite en apnée : on y entre par un siphon à fleur d’eau pour déboucher dans une chambre éclairée d’un bleu irréel par la lumière extérieure – émotion garantie pour les snorkelers explorateurs (avec prudence et accompagnement, bien sûr).
Côté mer Ionienne (côte ouest des Pouilles, dans le golfe de Tarente), place aux longues plages de sable blanc et aux lagons peu profonds. La région de Porto Cesareo et Punta Prosciutto, près de Lecce, est très prisée des familles pour ses allures tropicales. Imaginez une eau turquoise, à 28 °C en plein été, ne dépassant pas 1,5 m de profondeur sur des dizaines de mètres : un vrai aquarium naturel pour petits et grands. On s’y balade en palmes dans moins d’un mètre d’eau, observant ici une étoile de mer rouge, là un petit hippocampe accroché à un brin d’algue (la lagune de Cesareo est connue pour abriter des hippocampes mouchetés). Les herbiers de posidonie du secteur sont le refuge de milliers d’alevins et de crustacés, tandis que vers les zones rocheuses on retrouve sars, dorades juvéniles et parfois le timide syngnathe (poisson-trompette) se faufilant en mimétisme parmi les herbes.
Plus au sud, la côte du Salento (autour de Gallipoli et Santa Maria di Leuca) offre d’autres sites de snorkeling remarquables comme Torre dell’Orso et sa célèbre Grotta della Poesia – un grand puits naturel d’eau de mer dans la roche, où l’on peut nager entouré de parois calcaires vertigineuses. Non loin, la plage des Maldive del Salento (surnom de la plage de Pescoluse) enchante par ses eaux peu profondes d’une transparence incroyable, idéales pour initier les enfants au snorkeling en toute sécurité. Les plongeurs bouteilles, eux, pourront explorer l’épave du Santa Caterina (un vapeur coulé en 1940 gisant par 20 m de fond près de Santa Caterina di Nardò), ou encore plonger sur les secs du Capo di Leuca où se concentrent mérous, barracudas et autres prédateurs de Méditerranée dans le bouillonnement des courants rencontrés.
Enfin, un mot sur le nord de l’Adriatique : de Venise à Trieste, les eaux y sont plus chargées en sédiments (apports du Pô notamment), ce qui limite la visibilité pour la plongée. Peu de sites de snorkeling notables dans cette partie, hormis la réserve marine de Miramare à Trieste, premier parc marin d’Italie créé en 1986. Là, des visites guidées en snorkeling sont organisées l’été pour faire découvrir les fonds protégés du golfe de Trieste : posidonies en bonne santé, hippocampes, et petits poissons de roche peuvent y être observés dans une eau peu profonde et calme. Mais reconnaissons que l’attrait sous-marin des Pouilles, avec ses grottes du Salento et ses lagons de Cesareo, surpasse largement celui des plages du nord Adriatique. Les Pouilles se positionnent ainsi comme l’une des régions méditerranéennes les plus enchanteuses pour le snorkeling, grâce à une combinaison de paysages littoraux grandioses et de richesses sous-marines accessibles à tous.
La Sicile et ses îles : un monde sous-marin volcanique et exubérant
Une aventure sous-marine en Italie ne serait pas complète sans évoquer la Sicile, la plus grande île de Méditerranée, et les nombreux archipels qui l’entourent (Éoliennes, Égades, Ustica, Pelages…). La Sicile est une terre de volcans dont l’activité se reflète aussi sous la surface de la mer, offrant des sites de plongée uniques au monde.
Au nord de Palerme, l’île d’Ustica est légendaire parmi les plongeurs : dès 1986, elle a été classée réserve marine intégrale, la plus ancienne d’Italie. Grâce à plus de 35 ans de protection, Ustica bénéficie d’une vie sous-marine extraordinairement abondante. En snorkeling depuis le rivage, sur des spots comme Cala Sidoti ou Caletta dell’Acquario, on évolue dans quelques mètres d’eau aux côtés de centaines de poissons multicolores. Sars, oblades, castagnoles et girelles y pullulent littéralement, signe d’un écosystème en pleine santé. Les plongeurs auront la chance de croiser dans la zone protégée des dorades géantes, des sérioles (carangues) en chasse, de gros mérous bruns et même des bancs de barracudas – espèces devenues rares ailleurs à cause de la pêche, mais qui prospèrent ici en l’absence de menaces. Les sites phares d’Ustica incluent la Grotte aux Crevettes (Grotta dei Gamberi), peuplée de milliers de petites crevettes rouges, ou la Secca di Colobara où murènes et mérous escortent les plongeurs au milieu de canyons couverts d’algues et de coraux. Ustica mérite bien son titre de « perle noire de la Méditerranée », convoitée par les plongeurs du monde entier.
Au large de la côte occidentale sicilienne se déploient les îles Égades (Favignana, Levanzo, Marettimo). Cet archipel, lui aussi protégé, offre des décors sous-marins de rêve. Favignana, la plus grande, est célèbre pour sa Cala Rossa, régulièrement classée parmi les plus belles plages d’Europe. Outre son décor paradisiaque, Cala Rossa est un fantastique spot de snorkeling : dans ses eaux translucides on peut observer de jeunes mérous bruns curieux venus des rochers voisins, des nuées de saupes broutant les algues, et parfois des barracudas rôdant en pleine eau. Non loin, Cala Azzurra porte bien son nom avec son lagon bleu ciel sur fond de sable blanc. Levanzo et Marettimo offrent quant à elles des plongées plus techniques (parois sous-marines jusqu’à 50 m, grottes profondes), mais aussi des criques isolées pour la randonnée palmée. Marettimo, la plus éloignée, a gardé un écosystème marin presque intact : les langoustes y abondent et les phoques moines y faisaient encore escale il y a quelques décennies. Les amateurs d’histoire sous-marine noteront que les Égades furent le théâtre de la bataille navale décisive entre Romains et Carthaginois en -241 : des éperons de navires antiques ont été découverts sur les fonds au large de Levanzo, certains visibles en plongée musée sous-marin improvisé.
Au nord-est de la Sicile s’égrènent les îles Éoliennes, d’îles volcaniques aux noms évocateurs : Vulcano, Lipari, Salina, Panarea, Stromboli, Alicudi et Filicudi. Vulcano propose une expérience étonnante pour les plongeurs avec son site des Sables Noirs où l’on observe des émissions de soufre sous-marines (semblable aux bulles d’Ischia, mais en plus profond) : le sable noir volcanique laisse s’échapper de fines bulles d’air chaud, produisant un rideau miroitant sur les fonds. Panarea, plus huppée, possède aux abords de l’îlot Lisca Bianca un spot de plongée où l’on peut carrément plonger dans des eaux laiteuses chauffées par des fumerolles volcaniques subaquatiques – sensation d’entrer dans un bain thermal au milieu de la mer ! Stromboli, avec son volcan actif, offre le spectacle unique la nuit des coulées de lave se jetant dans la mer (évidemment, on admire cela depuis un bateau en surface, pas en plongée). Côté snorkeling, les Éoliennes offrent de très beaux fonds côtiers rocheux et poissonneux : Lipari a de charmantes petites plages de galets comme Spiaggia di Vinci, idéales pour explorer en famille, tandis qu’à Salina, la baie de Pollara (rendue célèbre par le film Le Facteur) permet de nager dans un décor de falaise en amphithéâtre avec une faune marine très riche grâce aux eaux profondes voisines.
La Sicile elle-même (l’île principale) possède de nombreux sites côtiers intéressants. Sur la côte est, la réserve du Plemmirio près de Syracuse s’étend sur 7 km de littoral protégé. En snorkeling à Plemmirio, on peut entrer dans des grottes marines à demi immergées, sauter dans des piscines naturelles creusées dans le calcaire et admirer une foultitude de poissons côtiers. La zone regorge de mérous juvéniles, de labres colorés et de murènes, profitant de la quiétude de cette réserve. Plus au nord, la riviera des Cyclopes près de Catane (Aci Trezza) offre un site pittoresque : entre des pitons basaltiques noirs jaillissant de la mer (selon la légende, des rochers jetés par Polyphème sur Ulysse), on trouve une petite aire marine protégée. Les fonds y sont lavaires et on peut y voir des structures archéologiques submergées (des ancres, des morceaux de colonnes) ainsi qu’une vie marine intéressante, dont le rare corail noir méditerranéen si l’on plonge plus profond.
Sur la côte nord, la zone de Taormina – Isola Bella est très prisée des vacanciers pour le snorkeling. Autour de l’îlot Isola Bella, réserve naturelle, on se baigne dans une eau limpide sur quelques mètres de fond ; le sable y alterne avec des roches, offrant un beau contraste et attirant beaucoup de poissons de petite taille. C’est un endroit idéal pour une initiation familiale au snorkeling, avec le théâtre grec de Taormina en toile de fond au sommet de la colline. Enfin, au sud-ouest de la Sicile, l’archipel des îles Pelages (Lampedusa, Linosa, Lampione) vous transporte presque en Afrique (géographiquement, Lampedusa est sur la plaque continentale africaine). Lampedusa abrite la fameuse Spiaggia dei Conigli (plage des Lapins), souvent classée plus belle plage d’Europe, où les tortues caouannes viennent pondre. En snorkeling dans ses eaux turquoise peu profondes, on peut avoir la chance de nager aux côtés de tortues marines juvéniles évoluant dans les prairies sous-marines – une expérience mémorable et émouvante. Lampione, minuscule îlot inhabité, est quant à lui réputé chez les plongeurs pour la présence de requins gris (Carcharhinus plumbeus) qui tournent autour du tombant de l’île ; un frisson particulier pour les amateurs de sensations, bien que ces requins méditerranéens soient relativement timides.
De l’exubérance d’Ustica aux mystères volcaniques des Éoliennes, en passant par les eaux claires de Taormina et les trésors cachés du Plemmirio, la Sicile offre un condensé de ce que la Méditerranée a de meilleur. C’est une destination de choix autant pour le plongeur chevronné en quête de rencontres hors normes (poissons pélagiques, topographie sous-marine unique) que pour le snorkeler débutant désireux de s’émerveiller dans peu d’eau. Ajoutez-y la richesse culturelle de la Sicile et sa gastronomie, et vous obtenez un séjour inoubliable sur terre comme sous l’eau.
La Sardaigne : eaux cristallines, grottes et réserve à gogo
Terminons ce tour d’Italie subaquatique en beauté avec la Sardaigne, véritable joyau de la Méditerranée pour la plongée et le snorkeling. Deuxième plus grande île méditerranéenne après la Sicile, la Sardaigne est souvent citée pour la pureté de ses eaux – un dicton local affirme qu’ici « on pourrait compter les grains de sable même sous 10 mètres d’eau » tant la visibilité est exceptionnelle. Le littoral sarde, long de près de 2000 km, alterne entre longues plages idylliques, falaises calcaires, archipels granitiques et innombrables criques isolées. Autant dire que les spots ne manquent pas pour qui veut explorer les fonds marins.
Au nord-est de la Sardaigne, la célèbre Costa Smeralda et l’archipel de La Maddalena constituent une destination phare. Protégées par un parc national, les îles de Maddalena offrent des mouillages de rêve et un univers sous-marin coloré. Les snorkelers apprécieront des lieux comme Caprera (Cala Coticcio, surnommée Tahiti pour son eau turquoise) où l’on nage au milieu de poissons multicolores dans quelques mètres d’eau. Les plongeurs ne manqueront pas le Secca del Papa près de l’île de Tavolara : ce récif immergé de 16 à 40 m de profondeur est l’un des plus beaux sites de plongée de Méditerranée. Il faut de l’expérience en raison du courant, mais le spectacle en vaut la peine : gorgones jaunes géantes, coraux encroûtants, nuées de vivaneaux, murènes et mérous évoluent dans un paysage sous-marin flamboyant. Tavolara est entourée d’une aire marine protégée qui comprend aussi le Capo Coda Cavallo : plus de soixante espèces de poissons y ont été recensées, sans parler des algues endémiques et des coraux, dans une eau cristalline digne d’un aquarium. Le snorkeling à Tavolara permet déjà d’en avoir un aperçu fabuleux, notamment autour des quatre plages de l’île où l’on peut observer étoiles de mer, daurades et même de jeunes mérous près du rivage.
Au nord-ouest, l’île d’Asinara (autrefois prison, aujourd’hui parc national) est une zone protégée aux airs sauvages. Plonger ou snorkeler à Asinara donne l’impression de remonter le temps : les criques y sont restées intactes. Cala Sabina et Cala Trabuccato, par exemple, offrent des jardins de posidonies grouillant de vie, et il n’est pas rare d’y croiser des raies, des hippocampes et des barracudas juvéniles. L’île abrite même une épave romaine bimillénaire, près du Lazaretto, accessible en plongée depuis la surface. Un musée sous-marin antique au milieu des poissons !
En descendant la côte orientale, le golfe d’Orosei est un incontournable. Ses hautes falaises calcaires (massif du Supramonte) plongent dans une mer émeraude, parsemée de grottes marines célèbres comme la Grotte del Bue Marino. Cette immense grotte semi-submergée attire les plongeurs spéléo du monde entier : on peut s’y enfoncer en palmant sous terre sur des centaines de mètres. Les snorkelers, eux, pourront explorer l’entrée de la grotte et surtout les criques paradisiaques du golfe : Cala Luna, Cala Mariolu, Cala Goloritzé… À Cala Goloritzé, considérée comme la plus belle crique de Sardaigne, les bateaux à moteur sont désormais interdits d’accostage afin de préserver la pureté du site. Résultat : une eau calme et limpide où les poissons ont repris possession des lieux. En snorkel, on y voit des gorgones orangées sur les rochers peu profonds, des langoustes tapies dans les anfractuosités, des congres serpentant entre deux eaux, et quantité de petits labres aux couleurs vives. Le tout dans un silence seulement troublé par vos bulles, sans le vrombissement des moteurs – un véritable petit paradis protégé.
Côté ouest, vers Alghero, se trouve la grotte de Nereo, considérée comme la plus vaste grotte sous-marine d’Europe (plus de 300 m de galeries). Accessible aux plongeurs confirmés, ce réseau labyrinthique sous le Capo Caccia abrite des colonies de corail rouge et une faune cavernicole fascinante (crevettes, concombres de mer, spirographes géants). La zone d’Alghero – Capo Caccia est d’ailleurs une aire marine protégée réputée, qui ravira les amateurs de grottes et de plongée technique. Non loin de là, la réserve de Capo Carbonara à l’extrême sud-est (côté Villasimius) offre un registre différent : des récifs granitiques peu profonds, baignés d’une eau bleue lagon. C’est dans cette réserve que repose par 10-12 m de fond la statue de la Madonna del Naufrago (Vierge des Naufragés), sculpture de 3 m de haut déposée en 1979 près de l’île dei Cavoli. Chaque année en juillet, une procession sous-marine y a lieu, où des plongeurs déposent des couronnes de fleurs aux pieds de la Madone engloutie en hommage aux marins disparus. Le site, visible en snorkeling par mer calme (la statue est même discernable depuis la surface tant l’eau est claire), est devenu un symbole local de la communion entre l’homme et la mer. Un spot à la fois spirituel et incroyablement esthétique, prisé des photographes subaquatiques.
Enfin, impossible de lister tous les sites merveilleux de Sardaigne sans mentionner le site archéologique sous-marin de Nora, près de Cagliari au sud. Nora était l’une des plus anciennes cités de l’île, partiellement submergée ; y plonger en masque et tuba revient à visiter un authentique site antique englouti. Dans à peine quelques mètres d’eau, on découvre des vestiges punico-romains – colonnes, dallages, fondations – sur lesquels dansent mérous juvéniles, étoiles de mer et spirographes. C’est un trésor du patrimoine sarde que l’on peut admirer à la fois sur terre (les ruines émergées de Nora) et en mer. Un incontournable pour qui s’intéresse à l’histoire tout autant qu’au snorkeling.
Du nord au sud, la Sardaigne éblouit par la transparence et la richesse de ses eaux. C’est une destination de choix pour les familles et débutants, grâce à ses nombreuses baies abritées et peu profondes (Chia, San Teodoro, La Maddalena…), mais aussi pour les plongeurs aguerris en quête d’émotions (grottes profondes, secs à courant, épaves et tombants vertigineux). La seconde plus grande île d’Italie offre un concentré de Méditerranée sauvage, dont la beauté sous-marine n’a d’égale que la beauté terrestre – entre deux plongées, le maquis parfumé, les plages de sable fin et la gastronomie sarde finiront de vous convaincre que vous êtes bien au paradis.
Conseils pratiques, réglementation et sécurité pour la plongée/snorkeling en Italie
Avant de partir explorer les fonds marins italiens, voici quelques conseils pratiques pour profiter de votre expérience en toute sécurité et dans le respect du milieu.
- Période et climat : La meilleure période pour plonger ou faire du snorkeling en Italie s’étend de la fin du printemps à l’automne. De mai à octobre, le climat est chaud et ensoleillé, avec une eau généralement entre 22 °C et 28 °C en été. Juillet-août sont les mois les plus fréquentés (et les plus chauds), mais en septembre par exemple l’eau reste à une température agréable et il y a moins de foule. En hiver, la température de la Méditerranée peut descendre autour de 12 °C au nord (un peu plus dans le sud) : la plongée reste possible pour les équipés (combinaison épaisse ou étanche), mais le snorkeling devient franchement frais. Prévoyez toujours une protection thermique légère même en été (un shorty ou un lycra), surtout pour les enfants, car on peut vite prendre froid en snorkeling lors de longues sessions immobiles.
- Équipement : Pas besoin de matériel sophistiqué pour explorer les côtes italiennes – palmes, masque et tuba suffisent dans la majorité des sites. Veillez à choisir un masque de bonne qualité, bien ajusté à votre visage, pour éviter les infiltrations d’eau salée qui gâchent l’expérience. En snorkeling, un gilet de flottaison ou une combinaison légère peut rassurer les moins à l’aise et protège du refroidissement. N’oubliez pas un tee-shirt anti-UV (rashguard) : il vous protègera du soleil méditerranéen (très fort en été) et d’éventuelles méduses dont la piqûre est toujours possible en Méditerranée. Côté plongée bouteille, les centres locaux fournissent généralement l’essentiel (bloc, lest, parfois combinaison), mais il est recommandé d’apporter son propre détendeur/gilet si vous en avez. Un parachute de palier est indispensable pour signaler votre remontée aux bateaux aux alentours.
- Sécurité et signalisation : En Italie, comme ailleurs, signalez toujours votre présence lorsque vous plongez. Il est obligatoire pour un bateau accompagnateur d’arborer le pavillon Alpha (blanc et bleu) signifiant « plongeur en immersion ». Si vous plongez depuis le rivage sans bateau, un pavillon de plongée rouge à diagonale blanche monté sur une bouée est de rigueur pour signaler votre position aux embarcations. Les autres navires doivent réduire leur vitesse et se tenir à plus de 100 m de ce drapeau. En snorkeling, si vous vous éloignez du bord dans une zone de navigation, il est très prudent d’emporter une petite bouée de signalisation (certaines sont équipées de repose-bras pour se détendre). Ne partez jamais seul en immersion : que ce soit en apnée ou en plongée bouteille, la règle d’or est de toujours avoir un binôme pour veiller l’un sur l’autre. Respectez vos limites : la Méditerranée semble accueillante, mais les accidents (essoufflement, courant, malaise) peuvent survenir. Informez un proche ou votre hôtel de votre sortie en mer, surtout si vous explorez un site isolé.
- Réglementation locale : L’Italie compte aujourd’hui 33 aires marines protégées (AMP) sur l’ensemble de son littoral. Renseignez-vous si le site où vous allez est réglementé : dans beaucoup de réserves, la plongée et le snorkeling sont autorisés mais uniquement avec un guide agréé ou un centre local, et parfois avec un nombre limité de participants (ex : à la réserve de Baia, maximum 8 plongeurs par guide). Certaines zones peuvent exiger un permis payant modique (quelques euros) pour contribuer à la préservation, ou restreindre l’accès à certaines périodes pour laisser la nature souffler. Ne prélevez rien lors de vos explorations : coraux, étoiles de mer, coquillages vivants et bien sûr vestiges archéologiques sont strictement protégés. Ramener une amphore antique ou même un simple tesson comme “souvenir” est illégal – ces trésors appartiennent au patrimoine et doivent rester in situ ou être confiés aux autorités. De même, la pêche sous-marine est soumise à réglementation : elle n’est autorisée qu’en apnée (interdite en plongée bouteille) et nécessite une déclaration auprès des autorités maritimes (permis de pêche de loisir). Elle est prohibée dans les zones de réserve intégrale. En clair, si vous pratiquez la chasse sous-marine en vacances, renseignez-vous bien sur les arrêtés locaux, respectez les zones interdites et les tailles de capture, et n’exercez jamais cette activité seul ni à proximité des baigneurs.
- Environnement : La beauté des fonds italiens repose sur un équilibre fragile. Adoptez une attitude écoresponsable : ne touchez pas les animaux marins (les poissons ne sont pas des animaux de compagnie, et certains peuvent être venimeux comme les vives ou les rascasses), ne déplacez pas les rochers (vous pourriez détruire un habitat), et évitez de poser pied ou genou sur les coraux ou les herbiers de posidonie. Préférez les crèmes solaires éco-responsables sans oxybenzone, ou mieux, portez un vêtement anti-UV pour réduire l’usage de crème – les composants chimiques abiment les récifs et posidonies même en Méditerranée. Ne jetez aucun déchet : ni plastique, ni mégot (le vent l’emporterait vite à la mer). Si vous trouvez un fil de pêche emmêlé ou un vieux sac plastique durant votre plongée, n’hésitez pas à le remonter à la surface : chaque petit geste compte pour garder ces sites propres. Enfin, respectez la faune : observer un mérou ou une murène dans son trou est un privilège, alors gardez vos distances et évitez les mouvements brusques pour ne pas le faire fuir. La plupart des poissons vous laisseront les approcher de suffisamment près de toute façon.
- Organisation et clubs : Pour profiter au mieux des spots de plongée italiens, il peut être intéressant de passer par les nombreux centres de plongée locaux (clubs affiliés PADI, SSI, CMAS…). Leur connaissance du terrain vous permettra de découvrir les plus beaux sites en sécurité. Beaucoup proposent aussi des sorties snorkeling en bateau vers des criques inaccessibles et fournissent masque et tuba aux participants. C’est une bonne option si vous n’êtes pas véhiculé ou si vous voulez vous éloigner des plages bondées. Sachez qu’en Italie, la certification de plongée française (type FFESSM/CMAS) ou internationale (PADI, SSI) est reconnue : on vous demandera généralement de la présenter avant de vous emmener sur un site profond ou une épave. Si vous n’êtes pas certifié mais souhaitez essayer la plongée bouteille, presque tous les clubs proposent des baptêmes de plongée dans les eaux calmes des anses, ainsi que des formations complètes si le cœur vous en dit.

En conclusion, l’Italie offre un fabuleux éventail d’expériences de plongée et de snorkeling le long de son littoral et dans ses îles. Que vous souhaitiez nager en surface dans des criques turquoise en famille, partir à l’aventure dans des grottes sous-marines, explorer des épaves chargées d’histoire ou contempler d’antiques cités englouties, vous trouverez votre bonheur dans les eaux italiennes. La diversité géographique du pays – des rivages ligures aux archipels siciliens, des caps sauvages de Calabre aux plages dorées des Pouilles – se reflète sous l’eau par une mosaïque de paysages sous-marins et d’écosystèmes variés. En parcourant ce guide, vous avez sans doute repéré plusieurs destinations à ajouter à votre liste de voyages. Préparez vos palmes et votre curiosité, et partez sillonner ces fonds marins méditerranéens d’exception… La dolce vita vous attend aussi sous l’eau, en Italie !




