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Les chats de Rome et les « gattare » : un autre visage de la Ville Éternelle

Pourquoi Rome est-elle la capitale européenne des chats ?

Lorsque l’on pense à Rome, on imagine immédiatement ses ruines majestueuses, ses places animées, la dolce vita… et, pour qui connaît bien la ville, ses innombrables chats. Paisiblement installés sur les colonnes antiques, endormis au soleil sur les marches d’une basilique ou observant les passants derrière une grille du Forum, les chats font partie intégrante du paysage romain. Ils ne sont pas de simples errants : ils sont devenus un symbole, presque un élément du patrimoine vivant de la Ville Éternelle.

Avec près de deux mille ans de cohabitation entre humains et félins, Rome est aujourd’hui l’une des plus grandes colonies félines d’Europe. Ce phénomène unique a donné naissance à des traditions, des figures locales emblématiques — les « gattare » — et des lieux devenus de véritables sanctuaires. Cet article vous emmène à la découverte de cette relation singulière, tendre, culturelle et profondément romaine.


Une histoire millénaire : quand les chats veillent sur la Ville depuis l’Antiquité

Dans la Rome antique : protecteurs des greniers et compagnons du quotidien

Les premiers chats apparaissent dans la péninsule italienne bien avant la fondation de Rome, mais c’est à l’époque antique qu’ils deviennent vraiment indispensables. Dans une ville densément peuplée où les stocks de céréales sont essentiels à la survie, les chats sont des alliés précieux contre les rats. Ils protègent les greniers, mais aussi les bains publics, les maisons patriciennes et les tabernae.

Les Romains apprécient leur efficacité autant que leur élégance. Les fresques, mosaïques et objets décoratifs représentant des chats témoignent d’une présence familière. Certains auteurs latins évoquent même le chat dans leurs écrits, preuve qu’il est déjà intégré à la vie quotidienne.

Du Moyen Âge à la Renaissance : un rôle sanitaire crucial

Alors que les villes d’Europe connaissent des épidémies récurrentes, les chats sont souvent considérés comme les meilleurs remparts contre les nuisibles et certaines maladies. À Rome, une tradition populaire veut qu’on les protège, voire qu’on les encourage à se multiplier.

Dans de nombreux quartiers, les familles laissent volontairement des gamelles près des portes, perpétuant un geste qui se transmettra de génération en génération.

De l’époque moderne aux lois actuelles : la protection officielle des colonies félines

Au XXᵉ siècle, la présence massive de chats errants devient un enjeu sanitaire. Mais au lieu de décider leur élimination, Rome choisit une voie unique : la protection.

À partir des années 1990, les colonies félines sont reconnues légalement. Les chats libres (gatti liberi) deviennent partie intégrante du patrimoine animal de la ville. Les associations peuvent désormais nourrir, soigner et stériliser ces animaux en toute légalité.

Rome est aujourd’hui l’une des capitales européennes les plus avancées en matière de protection animale. Ses colonies sont numérotées, surveillées et intégrées au tissu urbain.


Qui sont les « gattare » ? Portraits de ces gardiennes du quotidien

Une figure profondément romaine

La « gattara » (au pluriel gattare) est une silhouette familière dans de nombreux quartiers romains : un sac de nourriture à la main, un sourire pour les félins, un mot aimable pour les passants qui s’arrêtent. Si le stéréotype met souvent en avant des femmes âgées, la réalité est bien plus diverse : hommes, jeunes bénévoles, familles, expatriés… tous peuvent devenir gattari.

Néanmoins, la légende des gattare trouve racine dans ces dames du début du XXᵉ siècle, souvent veuves ou modestes, qui dédiaient leur temps aux chats des rues. Leur rôle, longtemps perçu comme marginal, a finalement été reconnu comme essentiel au maintien des colonies félines.

Leur mission : nourrir, protéger, sensibiliser

Le quotidien des gattare est fait d’actions discrètes mais indispensables :

  • nourrir les colonies à heures fixes
  • surveiller l’état de santé des chats
  • transporter les animaux pour les stérilisations
  • identifier les nouveaux arrivants
  • sensibiliser les touristes au respect des lieux

Certaines gattare connaissent chaque chat par son nom, savent qui est le plus timide, qui aime se faire caresser, qui a besoin d’un traitement particulier. Leur engagement est souvent bénévole et totalement désintéressé.

Une reconnaissance par la Ville

Grâce à la législation italienne, les gattare ne sont plus de simples figures folkloriques : elles appartiennent à un réseau officiel de protection animale. Elles collaborent avec des vétérinaires, les services municipaux et les refuges.

Leur rôle, autrefois marginalisé, est aujourd’hui célébré comme une manifestation de solidarité et de respect envers tous les êtres vivants.


Où voir les chats de Rome ? Les lieux emblématiques à ne pas manquer

Largo di Torre Argentina : le sanctuaire le plus célèbre

C’est sans aucun doute le lieu de Rome où les chats sont les rois. Dans ce site archéologique où Jules César fut assassiné, des dizaines de félins vivent librement parmi les colonnes antiques. Un refuge situé en contrebas accueille les chats blessés ou abandonnés.

Les visiteurs peuvent observer les félins depuis la rue, visiter le refuge, discuter avec les bénévoles et même parrainer un chat. C’est un lieu d’histoire, mais aussi un lieu d’émotion, où l’on découvre la face la plus tendre de Rome.

Le cimetière protestant : une oasis de silence et de poésie

Situé près de la pyramide de Cestius, le cimetière protestant est l’un des coins les plus paisibles de la ville. Chats et cyprès se partagent cet espace empreint de mélancolie romantique.

On y croise souvent quelques félins endormis sur les dalles, ou observant les visiteurs depuis les murets. Ici, le temps semble suspendu.

Les forums et ruines antiques

Les vestiges du Forum romain, du Palatin ou des Thermes de Caracalla abritent de petites colonies. Les chats y vivent en semi-liberté, profitant des recoins ombragés et des vieilles pierres chauffées par le soleil.

Trastevere, Testaccio et les jardins romains

Au-delà des sites touristiques, plusieurs quartiers abritent des colonies historiques. Trastevere, par exemple, est réputé pour ses petites places envahies de chats au coucher du soleil.

Les villas historiques comme Villa Pamphili ou Villa Borghese accueillent également de nombreux félins.


Conseils pratiques pour les voyageurs

Observer les chats avec respect

Les chats de Rome sont habitués à la présence humaine, mais ce ne sont pas des animaux domestiques. Quelques règles simples permettent de préserver leur bien-être :

  • ne pas les forcer au contact
  • éviter de leur donner à manger sans autorisation
  • ne pas toucher les chatons
  • ne pas pénétrer dans les zones fermées ou balisées

Les gattare veillent à leur alimentation, leur santé et leur équilibre social : mieux vaut ne pas perturber ce travail.

Soutenir les associations locales

Chaque refuge ou groupe de bénévoles fonctionne grâce aux dons. Les voyageurs peuvent contribuer de plusieurs manières :

  • laisser quelques euros lors de la visite d’un sanctuaire
  • acheter un petit souvenir solidaire
  • faire un don en ligne après le retour
  • parrainer un chat à distance

Un petit geste, même symbolique, fait une réelle différence.

Adopter un chat de Rome : est-ce possible ?

Oui, et c’est même assez courant ! Les refuges romains organisent l’adoption de chats adultes ou de chatons abandonnés. Pour les voyageurs étrangers :

  • un passeport européen pour animaux est nécessaire
  • le chat doit être vacciné, identifié et stérilisé
  • certains refuges accompagnent la procédure de transport

Adopter un chat de Rome, c’est rapporter un morceau de la Ville Éternelle dans sa vie quotidienne.


Anecdotes, légendes et chiffres sur les chats de Rome

  • On estime qu’il existe des milliers de chats libres dans Rome, répartis en colonies officielles.
  • Les Romains disent parfois que les chats sont les « véritables sénateurs » de la ville.
  • Plusieurs gattare sont devenues célèbres localement, photographiées avec « leurs » félins.
  • On raconte que certains chats de Largo Argentina descendent des félins déjà présents dans les ruines au XIXᵉ siècle.
  • Les chats du cimetière protestant figurent sur de nombreuses cartes postales et reportages consacrés à Rome.

FAQ : tout savoir sur les chats de Rome

Pourquoi y a-t-il autant de chats dans la ville ?
Parce que Rome les protège depuis des siècles et que sa structure architecturale — ruines, cours intérieures, jardins — offre un habitat idéal.

Les chats sont-ils sauvages ?
La plupart vivent en liberté mais sont habitués à l’homme. Ce ne sont pas des animaux domestiqués au sens strict.

Peut-on les caresser ?
Oui si le chat s’approche et semble confiant, mais jamais de force.

Que deviennent les chatons ?
Ils sont pris en charge par les refuges, soignés et proposés à l’adoption.

Comment aider les gattare ?
En faisant un don, en achetant un souvenir ou en partageant leur travail sur les réseaux sociaux.

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